Une des raisons qui m'a poussé à faire évoluer la technique du lasso fermé au lasso ouvert, était de pouvoir mécher un tunnel finissant en biseau sur mes modèles de boutis, ceci facilement. De cette façon on met la mèche en place, sans la ressortir, tout en pouvant dégager l'aiguille à tapisserie et le lasso par la suite.
Sur cet exemple, sur le modèle Totem 3, le tunnel (orangé sur la photo) mesure 4 mm de large : une mèche entière (fil de coton Lebeaufil n° 8 plié en deux) y prendra place, ce qui est la densité que je préfère pour conserver au boutis souplesse et transparence, (précisions dans le livre Boutis d'aujourd'hui)
cliquer sur l'image pour l'agrandir.
La mèche, divisée en 3, est passée en 3 temps :
• 1 toron au plus pointu du tunnel
• puis 1 toron un peu en retrait du premier
• et enfin les 2 derniers torons à mi-chemin du biseau
Ceci avec l'aiguille à tapisserie (donc à bout rond) n°26.
L'endroit, avant que les extrémités des mèches dépassant ne soient rentrées :
Il y a un attrait ludique à découvrir le chemin du fil lors du sertissage du dessin d'un boutis !
Avant de commencer à coudre au point avant les contours du dessin d'un boutis, il est intéressant de prévoir l'ordre des coutures pour ne pas avoir à couper trop souvent le fil : opération qui demande à rentrer un nœud entre les deux tissus en finissant et en commençant une nouvelle couture ; quand le tunnel est étroit (2 mm par exemple), isolé dans une zone non méchée, l'opération est moins aisée et l'on encombre de fils de petits espaces…
Dans les modèles de boutis imprimés sur tissu, disponibles sur ce site, la situation est courante comme sur un Tapis d'aiguilles de pin par exemple et les dessins frères Pigne, Billot et Tortue, pour ne parler que de ceux là.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir.
En photo, l'exemple d'une des douze spirales du modèle Occitan à la palombe en cours de sertissage ; la video montre sur le même dessin l'ordre dans le quel j'ai choisi de coudre.
Chaque couleur est une couture différente, c'est-à-dire que j'ai interrompu le fil à chaque changement de couleur du trait cousu.
A noter que sur le parcours jaune, j'en profiterai pour coudre de petites coutures, au passage, dont les fils de départ et de fin de couture seraient difficiles à placer entre les deux tissus.
J'étais la semaine dernière à Vœil-et-Giget, près d'Angoulême où la délégation de Charente de France Patchwork m'avait invité à donner un cours de boutis : l'ambiance et le cadre étaient aussi beaux que le temps.
C'est l'occasion pour moi de vous annoncer l'exposition que la délégation organise, sous la présidence de Pierrette Chaigne dont le mandat s'achève aux regrets des adhérentes, au Vieux Château de Montbron (16220), du 8 au 24 mai 2010.
L'exposition ne présentera pas particulièrement mes modèles de boutis , mais les œuvres des adhérentes et les œuvres de Lucile Dupeyrat qui méritent un détour.
J'aime particulièrement ses tentures où elle organise, entres autres, des dentelles : Art et Passementerie est le thème du blog qui présente ses œuvres.
Cette semaine, je suis à Vaux-sur-Mer, où je suis l'invité d'honneur de
l'exposition annuel du Patchwork-Club de la Côte de Beauté
: certains de mes boutis seront exposés, et je donne des cours de boutis à Vaux et
dans la région toute la semaine.
L'exposition est dans la salle Équinoxe à Vaux-sur-Mer, du 1er au 16 mai 2010, qu'on se le dise car le club est particulièrement talentueux !
Certains de mes modèles de boutis présentent une suite de tunnels organisés en peigne : Afrique, Totem…
La jonction en T de deux tunnels est toujours délicate : n'avoir ni trop ni trop peu de mèche à la jonction des tunnels après avoir coupé et rentré les extrémités de la mèche.
Sur les photos qui suivent, les cils sont constitués de tunnels de 4 mm, ils recevront donc une mèche entière (coton n° 8 de chez Lebaufil, soit 4 torons) toujours en double pour pouvoir l'introduire avec le lasso.
Cliquer sur les photos pour les agrandir.
Les mèches seront introduites en deux fois, à chaque fois 2 torons (photos 2) suivant les flèches.
A chaque fois que l'on change de direction, l'aiguille et le lasso sortent, mais surtout pas la mèche, puis réintroduire l'aiguille à bout rond dans le sens voulu . Pour que les 2 torons ne frottent pas sur les angles des coutures, au passage (idem de 1 à 6), des épingles sont piquées à l'intérieur des angles. Cela donne aussi un peu plus de jeux à la mèche passée et évite le serrage consécutif au méchage en cercle une fois les épingles enlevées. Sur la photo suivante (photo 3), les épingles sont placées de façon à ce que les 2 torons ne viennent pas frotter, au moment du passage, sur la couture intérieure (plus petit rayon) du tunnel courbe : les flèches montrent les passages (7 & 8) des deux torons complémentaires aux premiers passages en U. L'ensemble du méchage se met en place une fois les épingles enlevées et les extrémités rentrées.
Attention, ceci est un cas particulier, généralement sur un boutis dont les tunnels font des coudes, on interrompt le méchage à chaque angle pour que les extrémités de la mèche s'y tassent bien !
Les photos sont prises sur le modèle de boutis Totem 3 en cours de réalisation :
Je viens de dessiner un nouveau modèle de boutis pour un luminaire occitan, le premier de la série est dit à la Palombe ; cette série est un projet qui est né lors mes cours donnés à La Couserie Créative, à Narbonne et Perpignan, qui en proposent les carcasses adaptées.
Le début de sa réalisation est l'occasion de vous faire partager ma façon d'aborder un ouvrage.
Mes modèles de boutis ont la particularité d'être destinés à la technique de la piqûre de Marseille qui a pour caractéristique de conserver des zones non méchée.
Cliquer sur les images pour les agrandir.
Le tissu imprimé et le fond de batiste sont accompagnés d'un plan de méchage où les zone grisées sont celles qui recevront les mèches de coton, les zone blanche resteront vides.
Je commence donc par mettre un repère directement sur le tissu sur les tunnels à mécher en me référant au dessin, ceci avec un crayon effaçable bien sûr.
Cela simplifie le travail, dès le sertissage du dessin, pour savoir où glisser entre les deux tissus les départs et fins d'aiguillées dans les zones méchées pour qu'ils ne se devinent pas quand l'ouvrage est fini.
De même, le sertissage fini, piquer des épingles dans ces repères pour les reporter sur le dos de l'ouvrage par lequel le méchage se fait !
Rassurez-vous, la colle n'est pas indispensable dans la fabrication du boutis, mais peut, parfois, se révéler utile…
Je présente les modèles de boutis, que je propose lors de mes cours, dans de multiples petits montages, des sortes de petits patchworks double face qui donnent différentes idées de présentation ; c'est pour moi très laborieux de faire les montages avec des épingles, puis en faufilant pour que cela ne gondole pas avant de coudre à proprement dire : Kumiko Nakayama propose une colle temporaire en bâton qui vous permet de bâtir plus simplement.
La colle à bâtir est bleue quand elle est fraîche, et invisible une fois sèche ; elle n'encrasse pas les aiguilles que ce soit en cousant à la main ou à la machine. Elle disparaît complètement au premier lavage.
Ci-dessous des images de mon dernier montage en cours de réalisation :
J'ai utilisé cette colle pour fixer le molleton dans le mini patchwork double face, qui insère le boutis (côté envers du tissu japonais) ; quand j'ai retourné l'ouvrage, avant d'appliquer sur l'envers le cadre sur le contour du boutis (côté rouge), le molleton collé sur une face a bien tenu, surtout dans les angles où caler le molleton était toujours difficile.
Le modèle de boutis, imprimé sur batiste de coton, La Longue Mandorle, a une zone de points de Vauvert organisés de façon rayonnante comme dans certains autres modèles de boutis de mon catalogue.
Dans le livre Boutis d'aujourd'hui, le modèle du même nom dont le dessin est à la page page 40, n'est pas le même : les points de Vauvert sont organisés de façon concentrique.
Si les deux ont la même forme leur rendu est différent.
Je vous propose une série de photos des différentes phases de méchage :
Cliquer sur les images pour les agrandir, répéter le clic pour faire défiler les photos agrandies!
Toutes les mèches primaires (dans le sens des coutures) sont passées de l'extérieur du dessin vers le centre du dessin, à l'aide de l'aiguille à tapisserie n° 20 et des lassos qui, eux, restent en place.
La première photo montre le dos de l'ouvrage, la seconde le devant du boutis dans la même phase.
Après avoir coupé les extrémités des mèches (photo 3), le reste des extrémités est rentré avec le chas de laiguille à chas rond.
Les mèches secondaires (même épaisseur que les primaires) sont passées du centre du dessin vers l'extérieur (photo 4), la partie haute dans une direction, la partie basse dans l'autre direction disponible.
La photo suivante est l'endroit de l'ouvrage dans la même phase : on peut voir d'un côté une zone qui n'a reçue que les mèches primaires, l'autre côté est complétement méché.
La dernière photo est le boutis après le premier lavage à froid, il faudra le laver à chaud pour qu'il prenne sa taille définitive avant de l'incruster.
Les œuvres, imaginées et réalisées par les artistes qui ont eu la gentillesse de participer à l'aventure de ce livre, édité par les Éditions de Saxe, seront réunies une nouvelle fois.
Le modèle de boutis "U-Bear" a été le prétexte à une riche collaboration de plusieurs artistes associant leur propre technique à celle de la piqûre de Marseille,
Pour cette occasion, l'association organise un cours de boutis que je donnerai le mardi 22 juin 2010.
(inscriptions : contacter Danièle Legueurlier tel : 02 33 07 55 98 ou daniele.legueurlier@sfr.fr)
Le ciel, le soleil et la mer…, cliquer sur
l'image pour l'agrandir !
FOURNITURES
nécessaires à la technique du boutis
(lors de mes stages)
Les consommables
• Un modèle d’apprentissage, le dessin y est imprimé sur batiste de
coton à l’encre lavable, le tissu du dos. Le modèle sera choisi et
acquis au début du cours. • Du fil solide blanc (n°
40 ou à quilter
pur coton, voir mercerisé, ou mélangé suivant le choix fait…) • Du
fil de coton à tricoter blanc (type n° 8 de chez Lebaufil). • Du fil
de couleur qui ne peluche pas (pour le faufilage). • Et un dessin sur
batiste de coton et dos, pour chaque personne inscrite au stage :
Chaque élève choisira, au début du
cours,
1 exercice pré imprimé (parmi 4), qu'il avancera suivant son propre
rythme, achevant certaines zones.
Chaque exercice s'inscrit dans un dessin
carré de 16 cm pour un objet fini à incruster
Chaque dessin propose d’aborder la
réalisation des points de Vauvert, points d'Aix et tunnels.
Je ne vends pas de fournitures à
l’exception du tissu sur lequel est imprimé le dessin et le coupon de
dos associé comme décrit plus haut, ainsi que, indépendamment du cours,
quelques autres modèles près
imprimés que j'apporte avec moi.
Les outils
• Un crayon noir ou tout stylo à encre effaçable à la fin du travail
(par exemple : Pilot, Frixion Ball d’une autre couleur que le noir). •
Un cercle à broder Ø 18 ou 20
cm, et 12 cm pour
débuter, (dont on aura habillé, au minimum, le cercle intérieur d’un
ruban de coton sergé). • Deux dés à
quilter (le sommet n’est pas bombé, mais en cuvette), il vous
en
faut un pour chaque main (pour un droitier, pour le majeur de la main
droite et l’index de la main gauche. • Des aiguilles à quilter
n° 10 (dites demi-longues). •
Un jeu d’aiguilles à tapisserie du n°
18 au 26 (pointes rondes, qui serviront à introduire le coton à
tricoter).
Bien sûr
• Une paire de ciseaux à broder, un tire-aiguille, épingles et tout
autre outil courant, en bon état,
pour travaux de couture.
Cette longue mais grosse aiguille pour passer la mèche, entre les deux tissus : NON
Mes modèles de boutis sont imprimés sur une batiste suisse (batiste de coton) de 90 gr ou sur une percale des Vosges au tissage convenable, cette grosse aiguille, en l'état actuel, force trop la trame de ces tissus pour qu'elle se referme complétement ; la piqûre de Marseille n'a pas d'envers, le travail de boutis fini et lavé, on ne doit plus déceler là où sont entrées les mèches.
D'autre part, quand je conçois un dessin de boutis, les différentes largeurs de tunnels sont un atout de la composition pour donner plus ou moins de relief ou de matière ; cette "aiguille à boutis" ne passe pas dans les tunnels d'une largeur de 2 mm.
Les boutis anciens sont le plus souvent réalisés dans des tissus de coton plus épais, dont la trame est plus large et qui supporte très bien le passage de l'aiguille et quelques fois même directement montée d'une aiguillée de coton, sans lasso.
Pour le moment, pour les cours de boutis , je recommande un jeu d'aiguilles à tapisserie à bout rond, sans exagération d'ailleurs, dont le chas ne s'élargit pas trop par rapport au diamètre de l'aiguille.
• L'aiguille N° 20, la plus grosse, la principale, est utile dans la plupart des situations.
• L'aiguille N° 26, la plus petite, est indispensable : elle passe dans les tunnels de 2 mm, rentre au plus profond d'un biseau…
Mais voilà, trop courtes ! plus l'aiguille est fine, plus elle est courte ; et mécher de longs tunnels est une succession de sorties et de rentrées le long du tunnel dont on se passerait bien.
J'ai adressé un courriel à la société BOHIN, sans réponse ; j'ai rencontré un de leurs techniciens, lors de l'aiguille en fête, que le sujet intéressait et une étude est en cours.
L'idée serai de faire ces deux aiguilles à bout rond simplement deux fois plus longues : déjà deux fois moins de manœuvres pour nous !
C'est modeste, mais trop longues, elles seraient je suppose trop cassantes et cela est désagréable (je laisse là aux techniciens toutes évaluations)
Un autre outil à envisager : l'outil qui permet de rentrer facilement, sans élargir la trame, l'extrémité d'une mèche coupée, une fois en place ; pour le moment je recommande une aiguille à couture à chas rond oxydée :
• le chas rond offre une surface intéressante pour d'abord pousser sur la touffe
• puis dans le geste, le chas se transforme en palette pour poser l'extrémité à rentrer le long de la couture.
• oxydée ? parce qu'elle ne glisse plus, et tient entre les doigts sans aller vous piquer la paume de la main.
Ceci pour remplacer les poinçons à bout rond et autres bâtonnets de buis qui sont trop blessants pour les tissus.
Pourquoi ne pas contacter BOHIN très gentiment en cliquant sur le nom et aller sur leur site solliciter ces outils, onglet "votre avis" ?
Je suis surpris que l'on oppose mes modèles de boutis contemporains aux boutis traditionnels !
Ma technique est traditionnelle, provençale, mes dessins de boutis
sont contemporains, d'autres font des modèles sur des dessins classiques, là est la
seule différence.
Pour qu'une tradition vive, il faut qu'elle épouse son
temps – évidemment, sans en épouser les préjugés. Les modèles de boutis que je propose, ainsi que leurs usages,
s'insèrent plus facilement dans notre quotidien.
Que faire, aujourd'hui, de pétassons si ce n'est pour des occasions exceptionnelles, d'autant plus que l'on "sacralise" trop ces boutis blancs qui, au final, représentent surtout beaucoup de travail !
Comme je ne saurais que faire de napperons, je ne peux concevoir que des boutis prenant place dans la vie quotidienne comme les luminaires par exemple.
Et la technique suit…
Par exemple, insérer des mèches dans des formes plus nerveuses (les dessins classiques sont généralement
plus "ronds") telles que des
tunnels finissant en biseaux , ne doit pas être une acrobatie occasionnelle. Pour ce faire, je me suis contenté d'adapter ma façon de faire, en laissant le lasso ouvert ... et tout biseau peut être conçu et méché sans difficulté.
La piqûre de Marseille continue d'évoluer comme elle semble avoir
fait évoluer le trapunto de Naples vers ce qu'elle est.
Ma formation d'architecte ne peut que m'entraîner vers un univers de formes influencées par mon environnement, mais je suis aussi influencé par mes souvenirs, dont ceux de l'enfance, en Provence, comme le Coeur Philippine.
Qui plus est mon style est le résultat de ma formation aux Beaux Arts et de mes goûts, disons que c'est un boutis des villes ! il est vrai que l'esthétique de mes boutis ne s'inscrit pas dans l'esthétique classique. Boutis des villes, boutis des champs, pour un clin d'œil au livre de Francine Nicole, ce n'est d'ailleurs pas une affaire de valeur mais de "penchant" !
Je remercie Marie Godard de m'avoir donné l'idée, sans le savoir, de faire ce billet, suite à une conversation autour d'un repas.
Marie Godard anime le Centre Européen des Étoffes et du Patchwork où sont organisées des expositions d'Art textile entre autres, rencontrée à l'occasion des cours que j'ai donnés à La Couserie Créative à Perpignan et Narbonne.
Rendez-vous est pris pour une exposition chez elle en 2012 !